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Déléguée aux Opérations Funéraires

Ayant plusieurs cordes à son arc, un délégué aux opérations funéraires accompagne et conseille les familles dans l’organisation des obsèques. De la mise en bière au départ du défunt à l’aéroport, le délégué aux opérations funéraires reste aux côtés de la famille en s’assurant de la bonne réalisation de chaque étape. Il soulage et accompagne ces familles bouleversées par cette dure étape de la vie.


À travers le témoignage de notre déléguée aux opérations funéraires BARKI Lila au sein d’Anubis Group depuis presque 9 ans, vous allez découvrir la réalité de ce beau métier qui a pour priorité la compassion et l’humain.


Qui de mieux placé pour pouvoir expliquer et parler de son métier, que les personnes qui le vivent et le font tous les jours ?


Remplie d’émotions et de passion BARKI Lila vous partage son expérience et son amour envers son métier.


1. En quoi consiste votre métier de déléguée aux opérations funéraires ?

Lila : À la base, je suis d’abord conseillère funéraire diplômée niveau 4. Dans mon métier, j’ai énormément de casquettes c’est-à-dire que je m’occupe de la famille, je la reçois, j’établis les documents en mairie, préfectures, ambassades…

Une fois que le dossier est établi et bouclé, je tiens toujours à être présente à mes départs. Quand la famille me voit en premier, je veux qu’elle me voit aussi en dernier pour qu’elle soit rassurée et qu’elle se dise qu’il y a eu un suivi et qu’elle ait eu le même visage qui les a accompagné tout au long du processus d’obsèques.


Je m’occupe aussi de la mise en bière, c’est-à-dire mettre le corps en cercueil, je m’assure que le défunt soit bien positionné, pour le voyage, que sa tête ne bouge pas … Je vérifie que tout soit bien comme la famille le souhaite. Après vérification, je laisse la famille se recueillir, puis nous procédons à la fermeture du cercueil. Sur les documents nous appelons ça “une attestation de présence famille” que je fais toujours remplir avec les numéros des scellés sur le document, comme ça personne ne peut changer mes scellés du départ à l’arrivée.


Je peux aussi être maître de cérémonie ou encore porteur suivant les besoins.

Voilà en quoi consiste mon métier, qui a une belle panoplie de postes, mais j’aime ça !

2. Qu'est-ce qui vous a poussé à faire ce métier ?

Lila : C’est le pur hasard ! J’étais en intérim, et j’ai eu une mission dans l’entreprise ONPF (Office Nationale de Prévoyance Funéraire), c’était une société dans laquelle on faisait des saisies de contrats d’obsèques et mon directeur était Mr. Sirugue avec qui je me suis super bien entendue, et me voyant intéressée par les contrats obsèques indiquant les volontés des défunts … il m’a proposé d’effectuer le diplôme de conseiller funéraire, au début très réticente en lui disant que la mort n’était pas vraiment mon truc …

Mais il a réussi à me convaincre en me disant que je ne perdais rien, que ça ne durerait que quinze jours et qu’à la fin, quoi qu’il en soit j’en sortirai avec un diplôme en plus et qui sait, peut-être que je m’orienterai dans cette voie plus tard. J’ai donc passé ce diplôme que j’ai réussi à obtenir du premier coup. Et finalement, il ne s’était pas trompé… je suis toujours dans ce domaine qui me passionne des années plus tard.

3. Quelle formations est nécessaire pour devenir conseiller funéraire ?

Lila : Il faut déjà être diplômé avec la formation qui t’apprend les bases du métier, mais on en ressort sans vraiment connaître le métier. Le métier est avant tout sur le terrain, en agence de pompes funèbres. Pour ma part, quand je suis sortie diplômée de ma formation, bien sûr que les bases je les connaissais, les définitions à savoir etc … mais je me suis aperçue qu’en arrivant en pompes funèbres je ne connaissais pas le quart du métier. Et en fait, on apprend ce métier dans l’année, parce qu’il y a plusieurs lois, qu’il faut faire attention au temps, par exemple les vacations de police sont à faire à quel moment, la durée pour un transport de corps avant la mise en bière elle est de combien de temps … et toutes ces questions que l’on se pose, on ne les apprend que sur le terrain. La formation de quinze jours nous forme à apprendre la base du métier mais les finitions de ce dernier se font sur le terrain.

4. Quels sont les avantages de ce métier ?

Lila : Pour ma part, c’est ce côté social avec les gens. Cette approche avec la famille qui est dans un des moments les plus difficiles de sa vie. Mais moi j’ai cette chose en moi qui réussit malgré tout, à toujours pouvoir soulager et réconforter les familles et pourtant il y a des moments où tu ne peux rien faire … comme perdre un enfant c’est extrêmement dur et il n’y a pas de mots, aucun mots qui peut apaiser la douleur des parents… Je suis très gestuelle, une caresse sur la main, une mère qui pleure sur mon épaule … en fait c’est très important car elle a trouvé de la douceur à ce moment là, de l’accompagnement durant toute la construction d’un dossier, mais aussi ma disponibilité …

Moi je dirais que l’avantage dans ce métier pour moi c’est ça, ce contact avec les familles. C’est très difficile certes, nous sommes amenés à voir des familles, pas pour fêter un heureux événement mais bien au contraire … ce contact est rempli de larmes, de tristesse, de douleur … mais je pense, au fond, que j’ai toujours été faite pour ce métier, et chaque jour qui passe me le confirme.


Quand je vois des familles qui entrent dans un état inconsolable et qui ressortent avec des

« Merci Lila », ou des retours comme « C’était un moment difficile mais la chose dont je me souviendrai ce sera votre sourire », c’est juste … incroyable. C’est la plus belle des choses pour moi !

5. Quelle est la journée type pour un délégué aux opérations funéraires ?

Lila : La base de mon métier c’est surtout avoir des contacts avec les ambassades, consulats, mairies … En fait mon métier de déléguée aux opérations funéraires a aussi ce côté commercial, c’est-à-dire toujours marquer notre présence, côtoyer et rappeler les associations, je vais aussi parfois dans les églises quand les prêtres font partie d’associations pour pouvoir leur laisser ma carte.


Ce côté commercial est là pour dire que nous existons, que nous sommes là et que nous sommes disponibles 7j/7 et 24h/24, quelque soit les circonstances.

Mais c’est vrai qu’en ce moment, dû à cette période, je ne pratique que 25% de mon métier, car nous avons énormément de démarches et de demandes.


Habituellement, je bouge énormément pour les dossiers entre les mairies, consulats, ambassades … et ce qui est génial c’est que maintenant avec les personnes des administrations des liens se sont créés. Et pour moi la réussite d’un bon contact c’est lorsqu’une ambassade me voit arriver, elle ne dit pas Lila mais Anubis et ma réussite c’est lorsque l’entreprise Anubis est reconnue.


Ce métier est rempli de belles rencontres, de beaux liens qui se créent … Que ce soit avec les familles, les ambassades ou lieux administratifs.

6. Quelles sont selon vous les qualités à avoir pour effectuer ce métier ?

Lila :Être humain, avoir ce côté humanitaire. Si tu n’as pas de compassion et d’humanité en toi, ce n’est pas la peine de choisir ce métier.

7. Tout au long du processus d'organisation d'obsèques, avec qui collaborez-

vous pour la bonne réalisation de celui-ci ?

Lila : Avant tout, je suis en contact avec la famille qui peut me contacter à n’importe quel moment, pour moi c’est une évidence d’être disponible 7j/7 et 24h/24.

Puis au niveau administratif et des démarches, je suis en contact avec les mairies, les préfectures, les ambassades et bien sûr les chambres funéraires, les hôpitaux avec qui je travaille aussi énormément.


8. Citez trois choses que vous aimez le plus dans votre métier ?

Lila : Ce que j’aime tout d’abord c’est l’approche avec les familles, ce côté compassion que j’ai, pour pouvoir les accompagner et les réconforter au mieux, si je n’ai plus ce côté empathique, je pense que je ne pourrai plus continuer à faire ce métier.

Ce que j’apprécie aussi énormément c’est ce contact avec les administrations, j’aime aller les voir, les côtoyer car comme je l’ai dit tout à l’heure beaucoup de liens se sont créés et on en devient amis… On a nos contacts personnels, on se contacte et c’est ce qui embellit encore plus mon métier : ces belles rencontres.

9. Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite faire votre

métier ?

Lila : Faut l’aimer ce métier pour le faire tout d’abord.


Puis le conseil, je pense, et pas des moindre que je pourrais donner c’est : sois humain.

Il n’y a pas de recette miracle pour ce métier, je pense que si tu es mauvais dans ton cœur tu ne pourras jamais soulager et réconforter des gens.

Et si tu fais ce métier avant tout pour l’argent, cela ne sert à rien de le pratiquer.

Nous sommes d’accord que ce n’est pas du bénévolat, on est là pour travailler, mais je pense que tu peux travailler en étant bon, en ayant une bonne conscience professionnelle et en étant humain.


Dans notre métier nous ne vendons pas de marchandises, on inhume de vraies personnes, qui ont un vécu, qui ont une histoire, qui sont parents, grands-parents, enfants … Et tout ça, pour moi c’est la base de ce travail, et si je ne fais pas bien mon métier … je ne pourrai pas le supporter ou je ne le ferai tout simplement pas.


C’est pour ça que je le répète encore et encore, le côté humain, empathique et la compassion sont très importants dans notre métier. Surtout que les familles peuvent avoir des réactions différentes, nous pouvons avoir des familles perdues, attristées, en colère … et il faut se mettre à leur place pour pouvoir comprendre leur douleur et dans ce cas là tu pourras les accompagner et les épauler dans les meilleures conditions.



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